La pluie qui tombe
La pluie qui passe
Caresse mon visage
Et fait glisser ma main
En espérant ta main
Dans le vide les oiseaux
Qui font voler mes mots
Qui me rendent sourd à tes yeux
Qui me font boire les orages
Dans le bruit des fardeaux
Les poèmes qu'on n'a pas lu
Les dérives qu'on n'a pas eu
Le bateau qu'on a pas pris
Noyés dans les envies
Oui celles qu'on a pas eu
Laura je pars sans laisser trace
Ton chemin qui s'écoule
Dans le creux de ma main
Ou au coin des paupières
Qui vient sécher mon vin
Mes délires tes cauchemares
Dans le siècle au plaisir
Et qu'ignorance rime avec romance
Quand les silences sont la démence
On ne se délivre que dans le noir
Et quand l'orage passe
Laura je crie
De ne voir que la pluie
S'abattre à ton passage
Comme un torrent de braise
Qui fait brûler mes rêves
De ne voir que l'envers
Qui détruit le décors
Vas-y Laura défends-toi
Vas-y toi tu cours après quoi
Encore dieu l'existence
Des roulottes sans roues
Des menottes dans le trou
Noir des soleils
Que je prends
Et j'éteinds
Ivre dans les nuits
Les envies dans tes mains
De tes mots bien trop hauts
Des petites concessions
Qui ont forgées le temps
Des petits airs de rien
Que j'ai tué du temps
Où il faisait trop noir
Dans mon coeur pour ton rien
Qui a trompé les vents
Qui a guider navire
Sur les brèches la nuit
Mais quand l'orage passe
Laura je crie
De ne voir que la pluie
S'abattre à ton passage
Comme une claque dans la gueule
Qui fait brûler mes lèvres
De ne voir qu'à l'hiver
Que j'écris sans amour
À jamais trop sans toi
Laura je ne peux
Que faire couler la pluie
Sur les toits de mes nuits
Dans le noir le silence
Et tes mots qui résonnent
D'un appel qui vibre
Qui fait sonner les cloches
Dans l'espoir de t'écrire
Dans l'espoir qu'on s'écrie
Aller viens qu'on s'écrie
Qu'on s'écrive..!
Qu'on s'écrive..!
Sur la table des chiens
Sous la table y'a ton chien
Et ton rat là qui danse
Saoul t'écries dans la nuit
De ces bruits insoumis
Et l'orage la nuit
Qui fait trembler tes mûrs
Qui fait battre le corps
Laura je ne sais pas
Qu'enfouir tes silences
Dans mes cris et l'ennuie
Dans le vin la fumée
De toutes mes nuits blanches
Quand les oiseaux sont nus
Des filles dans les bars
Et mon amour pendu
À tes lèvres qui m'en crèvent
Sur la trace des tempêtes
Laura je pleurs
Oui seul comme un fou
Oui seul comme un fou
Là moi je pleurs
Des vents qui t'ont soufflés
Loin de ces montagnes
Que referont l'essein
Qui grésille en dedans
Qui grésille en dedans
Mais quand l'orage passe
Laura je crie
De ne voir que la pluie
S'abattre à ton passage
Et venir sourire au monde
Dans les plaines que l'on plaind
Que tu traces ton chemin
Sans m'en laisser une goutte
De tout l'ivre divin
Et du livre
Ou du vin

