Il y a la nuit
Et toutes les idées
Qui filent dans l'oubli
De tout ce que j'étais
Des rires aux yeux
Délicieux les ragots
Qu'on infuse et qu'on diffuse
Aux rires des petites gens
De la boue, de la boue
De la pluie et du bleu
Que transpire le temps
Qui a fait fuire ton image
Qui a fait rire mon visage
Qui a fait battre le vent
Là où la taule et l'acier
Ont remplacé le sang
Du chaud au froid
Les sentiments
Qui ont tué le temps
Qui sont morts sous les coups
Dans tes bras
Le néant
De mon corps
Asservis
Par la soif
De te voir sourir
De te voir souffrir
De rêver la violence
De mes mots dans les tiens
Du noir de mon regard
Qui ne suffit à traduire
La haine qui te soupire
La rage tes silences
Quand ça tourne....
Et puis il y a le vin
Ou l'alcool des chiens
Qui réchauffe le coeur
Des pires cracheurs de mots
Que l'on met dans nos mains
Pour oublier le temps
Qui ne passe pas sans toi
Qui s'éternise
Qu'on entretient
De se sentir sous terre
Étouffé sans l'air
D'avoir perdu son temps
De rougir en te regardant
D'avoir signé dans l'air
Contrat éternel
Dans le vent
De ne pouvoir que rire
Des tyrades d'espoir
Des longues nuits sans idéaux
Des grandes discussion
Entre amicaux
Des amitiés sous terre
Que l'on a rongé dans l'air
Du temps qu'on a vendu
Des rêveuses qui prient
Pendues à leurs rêves
Déchues que j'en crève
La délicate
La corégraphe
La désuète
Petite ivresse
La nuit se noie
Du temps plié
Dans le papier
Des égorgeurs
De paradis
De paradis
Des égorgeurs
D'amour bannit...
Que la terre ne tourne plus rond
Par toutes les filles qui tournent
Les mouchoirs ou leurs reins
Pour qu'on leur prenne la main
Qu'on leur prenne la main
Le temps des rires en l'air
Et les tiroirs
Qu'on a fermé
Des enveloppes
Qu'on a cacheté
De belles lettres
De jolis mots
Des confidences
Des cachoteries
On a brûlé
Tous nos passés
On a juré, on a juré...
On a échoué !
Tout oublié des nuits
Des tours de bras
Aux manivelles
De vieux rouages
Qu'on a brisé
Des vieux péages
Qu'on a payé
Pour oublier le temps
Qui est passé demain
En mains tramblant encore
D'histoire de coeur encore !
D'amour de facéties, encore !
De rêves brisés, toujours
Le soleil du soir
Sur la colline le vent
Qui fait siffler de temps
En temps de guerre
Combattant la misère
De pauvres candides aimant
Encore la couleur la chaire
Et l'odeur de leur sang
Répandu sur les mers
Comme une plume sans rivière
Qui écoule dans l'encre
Les torrents de mes mots...
Qu'on me fasse tourner la tête
Étendu à l'arrière des trains
Et que je tourne sur moi même
Que je tourne sur moi même...
Que je me retourne sur toi
Que ja cache misère
De mes yeux en sanglot
De te voir loin de moi
De me voir loin de toi
De sourire misère
Qui s'enflamme dans tes bras
Qui détourne le temps
Qu'on passera avec soi
L'un alors sans chaleur
De l'autre qu'on oubliera
Au loin de ses bras
Brisés par le temps
Qui s'effondre sur moi
Qui s'effondre sans toi...
Et le silence tourne
Sur les bords de la nuit
Dans ses bras c'est la vie
À son corps oui l'envie
L'envie de respirer encore
De respirer la mort
La mort qui prend l'envie
Qu'avec toi alors
Je respire en silence
Que l'envie est morte
D'un silence de vie...

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