vendredi 17 septembre 2010

Ma dose de vie


A pas perdus, sur ce petit sentier de ma vie, sur ces souvenirs et désirs, qui flirtent dans l'inhumanité du temps qui passe, du vent qui n'efface rien et des idées qui ne font que survivre!

Il y a des jours comme ça, des nuits où l'on respire, où l'on se laisse aller à pleurer et se dire, qu'il était une fois, qu'il était une fois...

De haine ou de passion, de sang ou d'illusions, de déchire ou de communion, ces troubles nous sèment, ces brèves expressions, car un jour on était quelqu'un, on était celui-là ou celle-ci, ceux qui n'ont peur de vivre, ceux qui ont été à vous, ceux qu'on n'oublie pas! De petits pas sur ces souvenirs, c'était le temps de l'extase, des cris et des pleurs, de l'amour et des fleurs, mais d'un temps remarquable, d'un instant ou d'une vie, qui nous a assoiffé, nous a fait vibrer, d'une personne d'une rencontre, qui nous a marqué, nous a fait grandir. Ces grands coups de hache sur les sillons de nos lits, qui façonnent nos rides et nos folies, sont les étincelles qui embrasent nos vies, l'essence du feu qui brûle enfin en nous, les plus profondes larmes qui ont coulés sur nos cœurs, les plus grands éclats de rire dans le vent, les plus grandes envolées que notre palpitant ai eu à contenir, la plus grande des croisades de nos amours. Ces brèves de vies, si fortes et qu'on ne peut revoir, ces intermèdes que l'on gardera toujours au plus profond de soi, sont nos plus belles armes, s'effilochant au fur et à mesure en munitions oubliées, sous la braise de notre souvenir, enterrées et prêtes à nous faire sauter les plombs, à nous faire craquer le calme, le chant des roses, des p'tits oiseaux qu'on entends et des maladroits romantismes.

Je me revois sur mon île à pleurer que je suis heureux, à jouir de mon existence, à découvrir qu'il existe une vie, à côté de ma mort, qu'il est possible d'exister, quand on n'est que soupirs, qu'il y a de grands chagrins dans la jeunesse qui s'ouvre les veines, qu'il y a des putains prêtes à t'aimer, qu'il y a des jolies prêtes à se taire, qu'il y a des gens beaux, d'un costard d'une gueule, qui ont l'intérêt d'un bulot et la passion des feuilles mortes, mais de grands enfants toujours la fleur au sourire, toujours la joie de survivre, dans le grand fracas des jours qui s'enchaînent. De cette jeunesse sans avenir qui ne peut vivre sans se voir demain, je me vois ivre dans ce hangar, je me sens flou dans le ciel, dans ma grande épopée, le vent s'essouffle, et je remets ma camisole, seul au milieu des fous.

Je me revois dans cet avion, de ces deux heures à oublier, à me prendre une balle de la peur, à me voir mourir à chaque minute plus proche de ce long passé. Comment vous dire ce jour, qu'il y a eu tant d'autres vies, tant de choses trépidantes, tant de choses qui m'ont déchiré le cœur, qui m'ont fait trembler le corps, qui m'ont transcendé l'esprit et métamorphosé l'âme. Je ne suis plus le même et ne veux plus l'être. Après avoir connu trop le monde, on ne peut plus s'en passer, cette addiction à la découverte et à l'ouverture, à l'épanouissement et à la passion, je ne peux plus vivre de raison et de quotidien, de classé et de trop rangé, de comptes et de manque, il me faut ma dose, si je ne veux pas pourrir, dans le vide aux abords du plaisir. Il en faut toujours plus, toujours plus avec moins, toujours moins qui nous donne plus, qui nous envoûte mieux, qui nous déroute encore, qui nous fait chavirer, au gré des encres de suie, des faveurs des ennuis, je me dis qu'il me manque, cette étoile qui brille.

Ma grande dépression c'est d'être et d'avoir été cet heureux, et de partir au combat des bons dieux, à braver les tombeaux des bien soumis, pour exhorter la passion, et faire rêver mes larmes, des tristesses profondes, et d'amour sans limite, pour montrer que je suis bien, follement heureux et vivant de me dire, que je sais respirer, et tomber amoureux. Mais putain qu'elle est belle, ce regard qui m'envole, vers ces horizons que j'attendais!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire