
Le couteau entre les dents, je m'en vais tuer le temps, du fond de ma tanière, sous le chant des pleureuses, je me dis qu'elle est belle, de n'être qu'une femme sans avenir, de mourir par tant de poésie, de se voir sous l'écriture des vieux bistrots, je me dis qu'elle est belle, à lui tendre la main par delà le ciel, à voir au loin les bombes tomber sur nos discours, à entendre au fond les jours crever sous nos amours. Entre l'air de nos frontières, de tes lèvres sans ivresse, de mes mots sans étreinte, de ces gens qui passent là, si bas de ce temps, mort à grands coups de vent, par les dictats de ces vies, que l'on noie dans l'alcool, que l'on marche dans l'esquive, de l'âme et de tes bras. Je me vois mieux d'entre tes mots, je me sens bien loin de mon âme, de raison en hallucination, de paraitre à n'être que moi, à jamais dans la crainte et la haine, de l'amour et des peines, au dessus des alizés qui balayent l'espoir...
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